31 décembre 2006
Et derrière les sacs de riz, la guerre...
Cela fait un peu plus d'une semaine que l'Ethiopie a déclaré la guerre aux Tribunaux islamiques présents sur la majeure partie du territoire somalien. Quand une "slow information" fait les unes...
Il y a des pays dont on ne parle presque pas. Sauf quand la presse a la possiblité d'associer leur nom à celui d'une grande puissance -généralement les Etats-Unis qui pèsent beaucoup dans la balance diplomatique-. La Somalie fait partie de ces pays. "Un trou noir" selon Koffi Annan (l'ancien secrétaire des Nations Unies), dont on ne parle habituellement qu'une fois par an - lors de la campagne de l'UNICEF- mais qui investit les quotidiens (Libération en tête) depuis près d'une semaine. C'est à dire depuis que l'Ethiopie voisine, y a débarqué ses troupes.
"Bon" voisinnage...
Une Ethiopie chrétienne, dont l'intervention appuyée ne serait-ce qu'idéologiquement par les Etats-Unis -mais certainement plus- a pour but de chasser les Tribunaux islamiques. Ces derniers ont tenu jusqu'à vendredi dernier [29/12/06] plus de la moitié du territoire, y compris Mogadiscio, la capitale. La complexité de la Somalie, repose sur sa cessession. D'une part, les Tribunaux ; de l'autre le GFT ( Gouvernement fédéral de transition), mis en place en 2004 après la mort de Syad Barré, et favorable à l'intervention militaire de l'Ethiopie. Elles sont estimées "ponctuelles" par les membres du gouvernement... et très probablement utiles, pour récupérer la capitale ainsi qu'une réelle crédibilité aux yeux de la population. C'est chose faite : les islamistes sont repoussés vers le sud... ovation pour le GFT victorieux... le peuple somalien adule les vainqueurs.
Les Etats-Unis, toujours là
Une question me taraude, tout de même. Que viennent- faire les Etats-Unis dans un conflit qui oppose deux pays aux différends ancestraux ? Jouer les médiateurs ? Non, la raison c'est Al Quaeda. Washington recherche sur le sol somalien, trois membres actifs de l'organisation terroriste. Washington désire combattre l'éventuelle création d'un nouvel axe du mal en Afrique... pour Washington, la menace est partout. Exploitation de la théorie du complot à fond les ballons !
Information à deux vitesses
Loin de moi l'idée d'approuver les intégrismes quels qu'ils soient. La Somalie est un pays suffisament précaire pour encourager ces dérives. Mais loin de moi l'idée d'approuver une information tellement conditionnée. La Somalie est l'un des pires échecs internationaux des années 90. Selon l'éditorialiste de Libération Pierre Haski [Libé.26 décembre 2006], le pays est tellement pauvre qu'il sort des statistique de l'ONU. La presse dans sa quête de "sensationnalisme", mais sous couvert du tri et de la diversité de l'information, n'en parle presque jamais. Il faut attendre le déclanchement d'une guerre éthnico-religieuse, dans laquelles les Etats-unis (au pif !) prennent parti, pour, enfin, écrire une ligne. Et encore la plupart des articles sont très techniques et stratégiques. Ils sont loin de pointer et de dénoncer le marasme humain qui sévit depuis plus de dix ans. La crise somalienne est humanitaire. Mais aussi éminemment politique.
Une bonne guerre fait certainement mieux vendre que des enfants qui meurent de faim et "quelques" sacs de riz distribués. Pourtant, les deux ne sont pas tellement éloignés !
http://www.rsf.org/backend_afrique.php3 T.R.
28 décembre 2006
Espoir, je crie ton nom !
Du rêve pour les oufs, chroniques de la cité
Ce qu'on retient des cités correspond à l'image qu'on nous en montre dans les journaux, à la télévision : des murs gris, des gens dans une grande misère sociale et identitaire… il y a effectivement cette facette. Il y en a aussi beaucoup d'autres qui permettent de transformer les obstacles en défi et en espoir.
Dans son rêve pour les oufs, Faïza Guène nous présente Ahlème, une jeune femme algérienne vivant depuis l'âge de dix ans sur le sol français. Elle a grandi dans une cité d'Ivry, la cité de l'Insurrection. Ahlème s'occupe de son père qui perd la boule, et de son frère de seize ans Foued. Ce dernier tente de trouver sa place dans la cité et dans le monde des grands via des petits trafics en tous genres.
Ahlème écrit. Même si elle trouve ridicule de tenir un journal intime, elle consigne dans son petit carnet à spirales, des nouvelles qu'on sent largement inspirées d'une réalité idéale.
Ahlème parle à la première personne de tout ce qui arrive : chaque mois la préfecture, la crainte de la double peine, le bled, le chômage, le célibat et les copines en couple, Tonyslav… La pertinence de ces tranches de vie, c'est qu'elles ne victimisent pas plus qu'elles n'incriminent. Elles constatent, interrogent. Ahlème n'est pas plaintive. Quand elle se décourage on sent qu'elle veut aller de l'avant. Abattre les murs : de la cité, de la honte, de l'intolérance, de la difficulté.
Et puis, il y a ce désir de chercher plus loin. De creuser le mystère de soi. Le voyage au bled, primordial pour se retrouver. On vit avec elle ses craintes, sa nostalgie. Dans l'idéal des jeunes issus de l'immigration, le bled nous semble une nouvelle terre promise. La possibilité de trouver enfin sa place au soleil. Ici, le récit assez précis de cet épisode participe à la démythification du retour aux sources, surtout quand elles sont loin.
On peut redouter à la lecture des premiers chapitres, un livre où le côté "beur", un peu caricatural, serait mis en exergue à la défaveur de la personnalité propre de l'individu, en dehors de tout critère ethnique. Plus on avance, plus cette armure tombe pour dévoiler l'intériorité. Comme une sorte de mise à nue.
Roméo et Juliette à l'Ariane
C'est cette même mise à nue qu'on accepté de faire une dizaine de jeunes et quelques parents, de l'Ariane et du centre de Nice. Avec Antonio, un metteur en scène italien, et Lizzie, une danseuse d'origine anglaise, ils ont travaillé sur une adaptation contemporaine de Roméo et Juliette, pendant près de six mois.
Et le défi a été largement relevé. D'une part, la pièce associe différents modes d'expression. Les comédiens en herbes ont joué, chanté, dansé, fait de la musique….
D'autre part, il s'agit pour la plupart de jeunes issus de l'immigration, voir des exilés politiques. De plus, la petite troupe est métissée. Les enfants sont maghrébins, russes, tchétchènes. Malgré les tensions qu'il a pu y avoir à l'Ariane ces derniers temps entre maghrébins et tchétchènes, ils ont réussi à mettre leurs différences en communs pour monter un spectacle.
Au départ, la pièce n'a pas pour but de tourner autour de ces clivages, mais on ne peut s'empêcher d'y penser lorsque, sur scène, les enfants interprètent les deux familles en conflit.
Fatiha, une conteuse, tient le rôle du narrateur et s'approprie son discours. Ce sont bien des querelles d'origines, de religion et de terre qui trouble l'entente entre les clans.
La pièce, de cinquante-cinq minutes a été présentée le 15 et 16 décembre au théâtre Lino Ventura, situé au cœur de l'Ariane. Il agit comme une fenêtre sur l'extérieur et représente une poche d'espoir pour les jeunes comédiens, qui se sentent libres de s'exprimer à travers la pièce.
En plus de saluer le talent et la motivation des jeunes, on peut espérer que l'initiative de la compagnie Le grain de sable aura attiré de nombreux spectateurs. Et que le message fera écho. Parce que comme le rappelle le metteur en scène la réalité dépasse la fiction.
T.R.
Le puzzle des collectifs anti-libéraux perd des pièces !
4La bulle "unitaire"des collectifs de la gauche anti-libérale vient d'éclater. Pas de polémique autour du principe d'une candidature unique mais autour de la personnalité de le/la candidat-e. A savoir Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF). L'obstination du Parti à vouloir désigner son leader, met en péril la volonté de rassemblement des collectifs.
Un élan de citoyenneté à la base
Au lendemain du référendum de mai 2005 (constitution européenne) et de la "victoire" du NON, quelques huit cents collectifs se forment. Le message véhiculé est avant tout un message civique. L'élan global des sensibilités "des gauche de la gauche", apparaissent comme les prémisses de ce que la candidate PS martèle depuis quelques mois : la démocratie participative.
Diverses forces citoyennes mais aussi politiques constituent la synthèse effectuée par les collectifs. Dont le Parti communiste, l'un des chefs de fil des "nonistes" en 2005. Les communistes représentent un poids numérique indéniable, et permettent, malgré tout, aux collectifs de bénéficier d'une relative crédibilité politique. Il ne s'agit pas d'une synthèse autour du PCF, mais bel et bien d'un rassemblement autour du désir d'une politique vraiment de gauche. Plusieurs candidats se sont présentés. Plusieurs communistes même : Patrick Braouezec, député de Saint-Denis, l'euro-député Francis Wurtz, ou encore Clémentine Autain, "affiliée communiste".
Pourtant, le parti tente de faire passer "en force" la candidate possédant selon eux la plus grande légitimité : Marie-Georges Buffet.
Une décision communo-communiste
L'absence de solution collégiale, pousse la secrétaire nationale à organiser un, puis deux tours de scrutin. Le dernier s'est déroulé le 20 décembre. Seuls les militants communistes ont été interrogés sur la base de deux propositions : pour ou contre la candidature de la leader PC.
Considérer les collectifs de la gauche anti-libérale comme une extension du PCF serait très restrictif. Les facettes de ce mouvement sont multiples : elles s'étendent des partisan d'une "gauche de gauche" plus modérée, jusqu'à des sensibilités proches de celles de la LCR, en passant par le citoyen lambda, soucieux de son avenir et prêt à croire qu'autre chose est possible.
Comme le titre l'hebdomadaire Politis "le dilemme [est] communiste". Les militants doivent choisir (momentanément) entre "le parti ou le rassemblement".
Si on reconnaît aux communistes leur capacité d'être sur le terrain, il n'en demeure pas moins que le parti frôle l'immobilisme. Chaque nouvelle élection présidentielle le prouve. Pour beaucoup il est désuet et cette récente impulsion des collectifs pourrait permettre d'entrevoir à nouveau "des lendemains qui chantent". Mais pour cela il faut accepter de laisser de côté une pseudo lutte idéologique pour marcher vers un même objectif : rendre plausible les cent vingt-cinq propositions dont ils ont décidé ensemble.
T.R.
27 décembre 2006
Gare aux canulars !
Il y a quelques mois, Télérama se demandait où étaient passé les provocateurs. Cette génération de Gainsbourg(s) et Coluche(s) st bien loin de souvenirs. C'esr sans compter l'arrivée du hoax.
2006 marquerait-il le retour de la provoc' et donc d'une certaine forme de contestation ? Dans son numéro du 26 décembre, le quotidien Libération rend compte du recyclage d'une tendance : le hoax. Dont la démonstration la plus récente est le vrai-faux journal de la RTBF ( télévison publique belge). Les journalistes de la chaîne ont annoncé le mercredi 13 décembre, l'indépendance des Flandres et la fuite du roi au Congo (ancienne colonie belge). Le journal français compare l'émoi sucité par la nouvelle, à celui provoqué par La guerre des mondes radiophonique d'Orson Welles en 1938.
Avec cet épisode journalistique -original- ainsi que l'action d'autres groupes tels que les Yes Men ("Beni oui-oui"), le hoax reprend des couleurs. Il faut dire que depuis quelques temps, il était acculé à un rôle purement divertissant. Surprise surprise, les coups de fil matinaux et grossiers de Skyrock ou du 6.9 de NRJ ou encore les farces puériles de Juste pour rire, n'ont rien de très provocateur sinon de pertinent. Alors que le hoax revêt une portée plus politique, critique... provoqu' quoi. Pas un simple canular.
La démarche du hoax ressemble au résultat hybride d'une performance artistique et d'un acte militant. Cela permet une critique à plusieurs niveaux. Les journalistes belges ont pratiqué le hoax institutionnel.
Il reste néanmoins important que ce type d'expériences reste marginal et ponctuel. Au risque pour ceux qui les pratiquent de perdre en pertinence et subversivité. ce qui est important c'ets la capacité à interpeller .
20 décembre 2006
Europe désintoxiquée ?
4 Le processus parlementaire du programme REACH est sur le point d'aboutir grâce à l'instauration d'un règlement concernant certaines substances toxiques.
Après trois ans de discussion et d'ajournements - qui se comptent en années -successifs, On peut saluer que ce dispositif voit enfin le jour. Le règlement issu du programme européen REACH a été voté, dans sa version définitive, le 18 décembre 2006 à Strasbourg par le Parlement européen.
REACH signifie " registration, evaluation, authorization and restriction". Plus simplement, il s'agit d'un programme de régulation et de restriction des produits chimiques toxiques pour l'Homme et l'environnement fabriqués ou importés dans l'Union Européenne (UE). Son objectif est de remplacer, dès que possible, un produit nocif par un substitut qui ne l'est pas. Les industries devront tester elles-mêmes les produits est prouver qu'ils sont inoffensifs. Jusqu'à présent, il incombait au domaine public de prouver qu'un produit était dangereux.
Une exposition perpétuelle aux produits toxiques
Nous sommes exposés à ces substances dangereuses beaucoup plus que nous le croyons. N'y sont pas confrontés seulement les gens qui travaillent dans les secteurs industriel et chimique. Les produits toxiques sont présents au quotidien dans les maisons.
Un récipient en plastique chauffé aux micro-ondes libère dans les aliments qu'il contient, du bisphénol A. Les meubles en bois composite (contreplaqué par exemple) renferment du formaldéhyde, un solvant cancérigène, les nettoyants ménagers des éthers et du musc artificiel ; les cosmétiques des paraben ; les jouets pour enfants en plastique des phtalates… La présence de tous ces composants chimiques aux noms barbares, aboutissant globalement à la résurgence des cancers, des troubles de la fécondité, des malformations et mutations prénatales, des allergies en tous genres, au sein de nos sociétés dites développées.
Le rôle du futur règlement est de limiter, sinon d'empêcher, les dégâts liés à l'utilisation actuelle de ces composants chimiques, largement abusive, pour laquelle peu de sanctions existent.
En effet REACH viendrai en renfort d'une première directive promulguée en 1979, visant à restreindre l'usage des produits toxiques repérer à partir de 1981. Le cadre supplémentaire apporté par REACH permettra de tester d'anciennes substances, comme l'amiante. Le programme concerne actuellement trente mille de ces produits.
Une réglementation controversée
Une première mouture du projet est présentée en 2003 au Parlement européen. Les législateurs doivent céder face aux lobbies de l'industrie chimique. Au départ, le projet est estimé à douze milliards d'euros sur une période de onze ans. Les patrons agitent le spectre des délocalisations et du chômage. Certains chefs d'Etats membres, les soutiennent. C'est le cas de Tony Blair, de Gerhard Schröder ou encore de Jacques Chirac (celui-là même qui milite aujourd'hui en faveur d'une société écologique suivant les "conseils" avisés de Nicolas Hulot).
L'industrie chimique gagne la bataille puisque la mise en place du programme est repoussée du premier semestre 2006 à juin 2007. Le budget est ré évalué à 2,3 milliards d'euros sur la même période, soit 0,05% du chiffre d'affaire de l'industrie chimique européenne globale. La proportion semble dérisoire face aux cinquante millions d'euros que le projet peut faire gagner à l'Union, sur un laps de trente ans, en matière de santé. Face, aussi, aux quatre mille cinq cents décès recensés au sein de l'UE chaque années, à cause de ces substances.
C'est un pas qui vient d'être fait vers une Europe de l'Homme et de la Terre. Espérons que le changement de cap ne s'arrête pas là.
Sources : journal du dimanche et alternatives internationales
T.R.
14 décembre 2006
TOLERANCE ZERO
TOLÉRANCE ZÉRO
Vidéo envoyée par LeVraiSarko
Il a des phrases chocs. Des mots abruptes : "racaille", "karchër", "impunité zéro"... et de belles promesses, comme de débarasser la France de ses pauvres. Il fait des efforts, notre ministre de l'Intérieur. Plus posé, voir policé, le sourire toujours de mise (un peu comme miss France). Il part en tournée et s'apprête bien comme il faut pour séduire.
C'est l'outil favoris des politiciens. Sarko sait y faire. S'il effraie certains, il rassure beaucoup d'autres... dont les bulletins pèseront l'heure venue dans la balance.
Ce court-métrage de Christophe Drach, propose une vision du futur si "super-flic" avait les pleins pouvoirs. Ça fait froid dans le dos... et le pire c'est qu'on se demande où s'arrête la fiction.
A quel prix la tranquillité si Sarkozy est élu ? Au prix de la peur de son voisin ? Au prix de grillages et de murs gris pour s'en protéger ? Cet homme cultive la paranoïa de la population... c'est un virus grave. La peur est le terreau de la haine et de l'intolérance. rien de bon pour une société qui se dit civilisée.
midipile France 3 Côte d'Azur
midipile France 3 Côte d'Azur
Vidéo envoyée par allemandpat
reportage sur le meeting Ps hier soir à Nice, en faveur de Ségolène Royal.
Ma petite Suisse - Court métrage
Ma petite Suisse - Court métrage
Vidéo envoyée par exodewear
Voici un court-métrage de Vincent Fahrni. Ne vous laisser pas berner par le côté candide de la première partie... la vraie critique vient après.
Les nouvelles générations qui n'ont pas connu la guerre ou qui s'éloignent de son spectre, ont une vision globalement abstraite de la xénophobie. Pour beaucoup nous avons été élevé dans l'idée qu'il faut respecter l'autre, quel qu'il soit.
Pour beaucoup, oui... mais pas pour tous ! Aujourd'hui encore, la tolérance ne fait pas l'unanimité. Aujourd'hui on peut tout à fait rencontrer dans un bar des néo-nazis. On peut entendre un présentateur de télévision préconiser la stérilisation d la moitié de la planète. En France, il a été prouvé dernièrement que les immigrés implantés ne représentent que 7%. De quoi faire tomber toutes les théories qui incriminent les "étrangers qui piquent notre boulot" ! Les Français "de souche" ne travaillent pas tous au noir.
Le genre de thèses qui trouve, en Suisse, ses adeptes. La population l'a prouvé lors d'un référendum en 2006 : le vote en faveur d'un immigration zéro a été massif !
11 décembre 2006
Ces miss qui s'imiscent...
A la fin de leur mandat, les miss doivent se reconvertir et pour beaucoup, cela passe par le petit écran.
Brunes, blondes, tout sourire et bikini bien mis... elles sont là et défilent pour le "plaisir" de nos yeux "conquis". Chaque année les miss reviennent sur TF1 derrière leur éternelle meneuse de revue au grand chapeau. Depuis 1954, ces jeunes demoiselles, mesurant au minimum 1m70 sans talon, se succèdent pour représenter avec grâce, la France. Leur mansuétude réchauffent le coeur ! C'est vrai quoi, un peu de douceur dans ce monde de brutes...
La miss a des chose à dire...
Là où le bât blesse c'est qu'en plus d'être belles, elles veulent aussi faire carrières. Certaines, comme Miss Alsace 2006, s'imaginent esthéticiennes, coiffeuses, ou à l'instar d'Elodie Gossoin (Miss France 2001),infirmières. D'autres, en revanche, après avoir connu paillettes et feux de la rampes, persistent et signent. Résultat : le petit écran, entre autre, subit l'invasion des ex-miss ! Sophie Thalmann présentatrice de choc de Téléfoot, Sonia Roland fliquette sur M6 ou Cindy Fabre qui se voit bien rester dans "les médias" *... C'est qu'elles s'y croit les Miss !
Le coup dur c'est LA petite phrase d'Alexandra Rosenfeld (Miss France ET Europe 2006) lors de l'éléction de samedi soir. En substance la jeune princesse du Languedoc, nous annonce son envie de se lancer dans le journalisme. Oui ,oui, rien que ça. Sans remettre en cause la sincérité et la motivation de l'ex-lauréate, se lancer dans le journalisme requiert quand même un préalable. Une formation par exemple.
Journalisme : une vraie formation !
On ne cesse de nous répéter que l'apprentissage sur le tas n'est plus au goût du jour. Même en passant par le biais d'un IUT (Institut Universitaire Technologique) ou d'une école, la profession de journaliste est bouchée ! Alors que (ex)Miss France tente les concours d'entrée aux formations en question, pourquoi pas ? On ne fait pas non plus dans l'élitisme. Par contre qu'elle rentre dans le milieu sans autre argument que sa petite phrase sur TF1 et sa jolie bouche, il y de quoi être en désaccord avec le principe.
Bien sûr, rien est encore fait. Ce ne sont que des mots, et pour juger mieux vaut des actes. On peut, quand même, constater qu'avoir été élue reine de beauté pour un an est plus payant que d'avoir trimer durant trois ans pour avoir sa licence. Reste à se dire que le vrai journaliste n'est pas celui qui papillonne tout en haut de l'affiche...
* voir interview de Cindy Fabre sur le site de TF1
T.R.
10 décembre 2006
Ségrégation journalistique
4 Un certain mercredi 29 novembre 2006, la chambre des commerces de Paris organise un important séminaire, auquel participent une centaine d'entreprises françaises.
Le thème autour duquel les entrepreneurs ont été invité à réfléchir s'intitule : « Le Soudan, un marché à découvrir». Evidemment, le rôle des patrons d'entreprises est de repérer les nouveaux marchés. A la façon d'un chasseur de tête, ils doivent flairer, identifier, traquer le "bon plan" qui rapportera gros.
Comme pour la plupart des événements "notables", un important staff de journalistes est déployé.
Délit de "sale presse" : la satire discriminée
Les journalistes de Charlie Hebdo se rendent sur place, après avoir averti les organisateurs de leur venue. A l'entrée : fourgonnette immatriculée Police Nationale et puis les vigiles. C'est devant ces derniers, dans le salon de réception de la Chambre, que les journalistes déclinent leur identité. Et la tout s'enchaîne… Selon le compte rendu de Emmanuelle Veil, de Charlie Hebdo [ndlr : n° 755 du 6 décembre 2006] les vigiles avaient "l'air gêné". Les gorilles se sont absentés pour revenir avec leur supérieur hiérarchique. Celle-ci, sans plus de préambules, a déclaré aux représentants de l'hebdomadaire satirique, qu'ils n'étaient pas autorisés à entrer. Prétextant que Charlie Hebdo ne traite pas exclusivement d'économie… tout comme RFI (Radio France internationale), qui a été admis dans l'enceinte de la forteresse.
La censure n'est donc pas si loin. Pas celle des politiques mais celle des grands lobbies financiers. C'est-à-dire les grandes firmes comme Total qui a parrainé la manifestation, ou comme Alsthom, Thalès ou Natexis, de simples convives !
Caution silencieuse pour la guerre au Darfour ?
Si le journal a été contraint à un silence partiel, les entrepreneurs, eux, se taisent en toute connaissance de cause. Bien que le conflit entre le Darfour ( Sud - Soudan ) et le gouvernement de Khartoum, ne connaisse pas la même "popularité" que la guerre en Irak ou que l'arme nucléaire en Corée du Nord, il sévit depuis trois ans. Deux millions de déplacés, 200 000 morts. La population, laissée pour compte, subit les représailles e l'Etat soudanais contre les rebelles de la région. De plus Khartoum, gouvernement islamiste, soutient militairement des groupes de mercenaires dans leurs nouvelles croisades sanglantes.
La plaquette promotionnelle que présente les chefs soudanais aux patrons français est alléchante : climat contrasté, montagne et réserves d'eaux. La face "cachée" de ce petit paradis entreprenarial, c'est une agriculture intensive – et destructrice - et la suppression des forêts. Malgré tout, le potentiel économique de la région prend le pas sur le marasme humain.
Mais comme dit le proverbe, qui ne dit mot consent.
T.R





