19 mars 2007

Pas encore tout à fait la fin

       En échos à Floriane, repartie bien loin dans sa Normandie natale, un autre "aurevoir à l'Iut" et surtout à ses habitants...

     Le calendrier scolaire n'est pas imprimé sur mes neurones, alors quand on m'a dit : « Il ne reste plus que cinq semaines », je ne vous raconte pas. Le choc ! J'en étais encore à des considérations un peu moins arrêtées. Du style : « Qu'est ce qu'ils m'énervent, tous ! A se la raconter, à tout le temps tirer une tête de six pieds de long, à parler de foot à chaque repas, à râler pour des broutilles ou à se se foutre de la gueule du monde entier
Et puis les préfa tout gris. Les ordi en grève chronique, les chaises qui grincent, les micro-ondes dégueu, les journaux qui disparaissent, les profs qui posent des lapins et qui nous reprennent pour deux minutes de retard... parce que comme chacun sait
"le JT c'est à 20h pas à 20h02 ! "»
     Inéxorable refrain de fin de course. Quand les petites vacances tardent à montrer leur nez. Quand le compte à rebours se fait pressant : « plus que deux jours, deux - jours ! Et puis voilà que tout le monde s'excite avec nos seulement un mois de sursis. Parce qu'on le savait bien, notre promo ne serait pas éternelle. L'Iut c'est plutôt une maison de passage. Mais une maison quand même. Partir comme on est arrivé, la chose paraît insurmontable.
Deux ans ensemble et que restera-t-il ? Un petit coup de fil de temps en temps. Des mails les premiers mois, un décrochage en douceur, quoi.
Un jour on verra le nom de certains au détour d'un article dans le canard du coin ou incrusté sur un synthé au journal télé du soir. « Ouaaaa, trop fort ! J'ai fait mes études avec ce mec ! ».  Fouilles archéologiques au fin fond du disque dur pour retrouver quelques photos, on cherchera les numéros sur « pages jaunes.fr. » Séquence nostalgie...ah ! le bon temps : les p'tits cailloux qui emmerdaient Johanna mais qui représentaient l'arme essentielle de la minorité visible de la classe, les garçons. Les salades pleines de moustiques et de trop de salade. Le grand écran plasma de Louise et Chalon dont tout le monde aura entendu parler des dizaines de fois.  François, ses pulls jacquards et Sarko. Le Collège international et les histoires interminables des internes. Les plats surgelés de Fred, les sandwichs cachers de Jérôme... Dans la tête s'affiche la compilation de vingt-quatre mois de vie en autarcie. L'Iut de journalisme, entité à part entière, coupée du reste de l'humanité et qui se suffit à elle même.
     Voilà. C'est la fin. Le moment où la nana sort son mouchoir blanc sur le quai de la gare, celui où Muphasa meurt dans le Roi lion, où Ross et Rachel se séparent dans Friends... Y a pas moyen de faire un « happy end » ?
Parce qu'avant, il reste encore... une semaine de cours qui commence sur les chapeaux de roues. Quinze jours de pratique audiovisuelle, un bal de promo, des révisions et des exam, un conseil de département, quelques coups à boire ensemble, une soirée sur la plage si tout le monde est d'accord. Et pour les plus motivés... encore une année.

 

 

 

 

 

T. R.

 

 

 

 

Posté par tiphaine26 à 20:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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